Que je suis donc fou de faire une éloge de la souffrance et du malheur... que tu es fou, lecteur, d'éviter la question...
Toi qui veux oublier que la souffrance existe, tu te perds dans de fausses excuses : Le mal est aussi important que le bien. Sans quoi, nous ne saurions pas ce qu'est le bien.
Ainsi donc, je me permets de complimenter le malheur. Qui suis-je pour le faire? ne suis-je pas humain au fond? La question serait plutôt de se demander si celui qui ne veut pas accepter que le malheur fait parti de la nature est vraiment humain...
Illustrons ce que tant de fois nous avons renié : les catastrophes, les problèmes, les maladies... ( que ceux qui estiment être outragés de mes remarques s'arrêtent ici et me rayent de leur vie)
La vie, dans son équilibre entre le bien et le mal, n'admet à vrai dire qu'une seule hypothèse du point de vue de l'homme : on recherche le bonheur. N'est-ce pas nous égarer injustement dans des illusions trop grandes? La souffrance sera toujours présente, et, comprise comme illégale, nous répugnera. Et pourtant, sachons que souffrir est un bienfait pour l'être humain. Sans la souffrance, on n'ouvre pas les yeux sur nos valeurs, nos passions et nos vrais rêves. Sans malheur, nous ne chercherions pas désespéremment le bonheur.
Je fais cependant une parenthèse pour préciser que dans cette théorie, il n'est pas question de malheur autour de la mort. La mort, sujet bien tabou il est vrai, n'a rien à voir dans la quête du bonheur, puisqu'elle constitue la destination finale de toute quête du bonheur. Elle abrège les souffrances, mais elle prive la joie. Nous ne pourrons jamais l'assimiler, car nous sommes bien entendu trop avides de vie pour mieux la comprendre. Moi-même, je ne la comprends pas. Elle appartient à un registre qui nous échappe. Personne ne peut décrire la mort. Aucun Dieu ne la représente en tant que mort, mais en tant que fin d'une première vie donnant lieu à une autre, où l'âme est conservée.
Le paradis, tout comme l'enfer, sont des excuses émises à l'idée d'un affrontement inévitable de la mort. Cela dit, elles font partie du registre des croyances : à cela, soyons philosophes et disons la chose suivante :
"Si l'on sous-entend que Dieu n'existe pas, c'est parce que nous n'avons pas de preuve formelle. Mais comme nous n'avons pas non plus de preuve que Dieu n'existe pas, nous ne pouvons sous-entendre que c'est un leurre."
Ainsi donc, fermons cette parenthèse et reprenons, en soulignant le courage insensé du lecteur à comprendre ce qui échappe à notre Raison subjective. Le malheur est bon, le malheur est une forme de bonheur.
Car toute quête nécessite une bataille. Certains, noyés dans le malheur, adversaire bien plus redoutable que le bonheur, n'atteignent pas la joie qu'ils convoitent.
Mais pourquoi le malheur l'emporte? Car une fois contaminés par lui, nous, mortels, avons la prétention de l'éradiquer au travers de nos rêves les plus fous!
Alors en quoi pouvons-nous atteindre un rêve qui est sous l'influence du malheur? Le bonheur à rechercher doit être indépendant de toute forme d'influence.
Voilà pourquoi je prétends que le bonheur est la synthèse du noir et du blanc. Car dans le malheur, tout comme dans le bonheur, nous sommes aveuglés. Usons alors de notre conscience et de notre esprit pour comprendre que l'un comme l'autre ne sont que passagers, et que le seul vrai bonheur est d'accepter la vie comme elle vient : avec ses bons et mauvais côtés...
Adri
pour les courageux ou les incompris, exprimez-vous ici.